Compte-rendu de la mission de Jos Milliner - Mai-Juin 2021
Compte-rendu de la mission de Jos Milliner - Mai-Juin 2021


 

Compte-rendu de la mission en Arménie

20 mai- 02 juin 2021 (printemps 2021)

  

            L’objectif général de ma mission, menée au nom de notre association Amitié et Echanges-Franco-Arméniens (AEFA), était de préparer la rentrée scolaire et universitaire 2021/2022 dans la région du Tavoush, et ce avant la fin de l’année scolaire, le 18 juin. A cet effet il s’agissait,

 

1- dans les écoles : de rencontrer les directeurs d’établissement et les professeurs de français, pour expliciter la démarche de projet, renforcer les liens, concrètement, avec les personnes et signer une convention de partenariat ;

2- à l’Université : de remettre une partie de leur bourse aux étudiantes investies dans le projet de promotion de la francophonie dans les écoles de village, et de s’entretenir avec M.le Recteur ;

3- à la ferme pilote de Lusadzor : de rencontrer une personne responsable, dans la perspective de la création prochaine d’un établissement d’enseignement agricole dans la région par le Fonds Arménien de France ;

4- à l’Alliance française : de rencontrer Mme Gharamayan, sa directrice et présidente de l’association des professeurs de français en Arménie, particulièrement impliquée dans la formation des enseignants ;

5- à l’ambassade de France : d’informer M. le Conseiller du service de coopération et d’action culturelle de la promotion de la francophonie dans le Tavoush engagée par notre association AEFA.

           

            La planification des rencontres et des entretiens à Idjevan et dans les écoles des environs a été réalisée par la précieuse Syuzanna Petrosyan, ancienne boursière de l’association, coordonnatrice du projet sur place.

1) Dans les écoles

 

            Je me suis rendu dans six écoles. Dans ces écoles, j’ai rencontré le chef d’établissement et les professeurs de français, et assisté à des cours. Outre des échanges de politesse, ce fut l’occasion de signer une convention de partenariat – préalablement traduite en arménien par les étudiantes –  et de la commenter. Et aussi d’annoncer la création prochaine (rentrée 2022) d’un établissement d’enseignement agricole à Idjevan. Celui-ci comportera, dans un premier temps, la mise en place d’un niveau CAP en 2 ans, et où l’apprentissage du français sera une option obligatoire. C’est dire la perspective nouvelle offerte aux établissements qui maintiennent courageusement l’enseignement du français dans leurs classes.

 

            Dans chacune de ces écoles, l’accueil est plus que chaleureux, parfois émouvant, quand, pour vous recevoir, on vous chante La Marseillaise, on danse pour vous une danse traditionnelle, on vous offre, sur le seuil de l’école, le pain et le sel de l’hospitalité… On sent combien la langue et la culture françaises sont ici vénérées. Il importe que nous encouragions cette francophonie francophile et que nous  témoignions notre reconnaissance à ceux qui la promeuvent.

 

Ecoles

Effectif total des élèves

Age des élèves

Nombre  d'enseignants

Nombre de professeurs de français

Effectif des élèves  en français

Idjevan

 école n°1*

605

8/15 ans

48

4

605

Gandzakar

464

8/18 ans

41

2

389

 

Guetahovit

245

8/18 ans

27

1

245

 

Achadjur

646

8/18 ans

53

3

552

 

Sevkar

328

8/18 ans

33

2

328

 

Tsakhavan

116

5/18 ans

22

1

96

 

 

*L'école n° 1 d'Idjevan, dite école secondaire, fait partie du réseau des 11 écoles à français renforcé. Dans cette école, 3 séances de français par semaine sont dispensées dès la 3e classe (c'est-à-dire dès l'âge de 9 ans pour les élèves) au lieu de 2 séances dans les autres établissements.

 

 

2) A l’Université

 

            J’ai souhaité réunir les professeurs des écoles, en présence de Mme Aïda Mardanian, directrice de la section Langue et Littératures françaises, pour parler de la préparation de rentrée et dire la même chose à tout le monde en même temps. Mais peu d’entre eux ont pu se déplacer.

 

            Par la même occasion, j’ai eu le plaisir de remettre, de la part de l’association, à Mme Mardanian, plusieurs ouvrages pour la bibliothèque de l’Université. Et aussi de lui offrir le livre, la thèse, de notre présidente, Les Arméniennes de l’Empire ottoman à l’école de la France (1840-1915), solennellement remis au bibliothécaire de l’Université. Après quoi j’ai été reçu par M. le Recteur pour lui confirmer l’investissement de notre association dans la promotion de la francophonie, les interventions efficaces des étudiantes boursières dans les écoles et le projet de création de l’établissement d’enseignement agricole du Fonds Arménien à Idjevan, toutes actions prometteuses pour la diffusion de la langue et de la culture françaises.

 

            Autre opération importante à l’Université : la remise des bourses à huit étudiantes, en présence de la doyenne de l’Université et de Mme Mardanian. Au nom de notre association, je les ai vivement félicitées pour leur implication, en particulier dans  les manifestations qu’elles ont animées dans leurs écoles respectives pour célébrer, en mars, la Journée Internationale de la Francophonie. Inutile de dire que ces bourses – finalisées pour participer aux frais universitaires des étudiants étaient reçues avec reconnaissance.

 

            Par le passé, à cette occasion, nous échangions quelques propos sur des sujets divers, histoire de faire parler ces étudiants en français. En fait, c’était surtout moi qui parlais. Cette année, changement de formule : ce sont les étudiantes qui ont fait un exposé sur un  thème de leur choix. Nous avons ainsi écouté et regardé en vidéoprojection quatre exposés brillamment présentés par quatre étudiantes.

 

            Cet épisode se clôt – c’est devenu une tradition – par une photo devant l’Université. De nombreuses photos de « l’événement » sont visibles sur le site de l’Université http://ijevan.ysu.am/01-06-2021/

3) A la ferme pilote de Lusadzor

     

            Accompagné par deux étudiantes, je suis reçu par Laura dans la ferme laitière/fromagère de Lusadzor - une opération, et une réussite, du Fonds Arménien et du département des Hauts de Seine. Nous prenons le temps, pendant plus d’une heure, de parler de la création future d’un établissement d’enseignement agricole à Idjevan. La communication est très facile, car Laura parle un français aussi impeccable que le mien, et pour cause, elle a fait ses études et passé son baccalauréat en France ! Nous commençons à poser des jalons pour promouvoir dans nos écoles partenaires la filière agricole, et son cycle court… Nous reprendrons contact à l’automne pour organiser des visites de sensibilisation aux métiers de l’agriculture, avec des directeurs d’école, des professeurs, des étudiantes, des élèves, des parents d’élèves.

 

4) A l’Alliance française et à Erevan

 

            A chacun de mes voyages en Arménie, je rencontre Mme Gharamyan, la directrice de l’Alliance française à Erevan. C’est la cinquième fois qu’elle me fait l’honneur, et le plaisir, de me recevoir. Ces rencontres me semblent d’autant plus nécessaires qu’elle est un acteur essentiel de la francophonie en Arménie. J’en profite toujours pour lui témoigner de l’investissement assidu de notre association AEFA  dans le Tavoush. Et aussi pour solliciter ses conseils.

 

            Ayant lu dans le Courrier d’Erevan que le Ministère de l’Éducation arménien procédait à la modification des standards éducatifs – ceux actuels remontent à 2008 – et que Mme Gharamyan était une des chevilles ouvrières de cette réforme, je me devais de m’informer plus amplement auprès d’elle. Les objectifs majeurs poursuivis par les nouveaux standards sont une meilleure adaptation à l’évolution des nouvelles technologies, une amélioration du niveau de l’éducation dans les écoles arméniennes et une augmentation des exigences… L’élaboration de ces standards et des référentiels afférents seront définis incessamment. La première étape dans la mise en œuvre de cet ambitieux programme, passe par une phase de formation. Les thèmes de cette formation concerneront particulièrement la conception de la discipline et la méthodologie de l’enseignement. Et, quelle aubaine ! le premier cycle se déroulera dans la région du Tavoush, en septembre 2021. La mise en place effective des nouveaux standards est prévue pour l’année scolaire 2023-2024… Par ailleurs, il serait question de la création d’un lycée (10/11/12èmes années) à Idjevan.

 

Ecologie - Protection de l'environnement dans le Tavoush


Neli Gasparian

L'antenne d'Idjevan de l'université d'État d'Érevan

Étudiante de troisième année

Village Atchadour

26.08.2021

 

S'il n'y a pas d'écologie, il n'y aura pas de vie

 

L'humanité ne peut pas vivre sans oxygène, sans flore, sans nourriture que nous donne notre belle planète. Ce n'est pas en vain que j'ai nommé mon texte de cette façon. S'il n'y a pas d'écologie, il n'y aura pas de vie.  Et pour protéger notre environnement, il faut faire tout notre possible. Il ne faut pas polluer notre environnement, parce qu'il peut nous punir.

Chaque jour, nous entendons des informations sur des inondations, des incendies, des tremblements de terre etc. Tout cela a lieu à cause de l'humanité.

En Arménie, pendant chaque saison, notre gouvernement organise des événements d'intérêt général, pendant lesquels nous nettoyons notre environnement, nous plantons des arbres, des fleurs.

 

Je vais vous raconter une petite histoire concernant la protection de la nature.

Je faisais mes études en dixième année à l'école d' Atchadour quand on nous a annoncé que nous devions faire des travaux publics autour de notre école. Cela aurait lieu le samedi, jour où nous n'avons pas de cours et où les autres ne travaillent pas. Nous avons commencé nos travaux dès le matin. Notre mairie nous a donné beaucoup de plants, des graines de fleurs, parce que c'est grâce à eux que nous vivons, que nous pouvons respirer. Tout le monde travaillait. On nous a donné des instruments utiles. Nous avons mis des gants pour que nos mains ne se soient pas blessées. Premièrement, nous avons nettoyé notre environnement. Nous avons ramassé les détritus dans des sacs à ordure et le camion-poubelle les a  emmenés.

Puis nous avons continué à travailler. Chacun de nous devait planter un arbre, l'arroser et en prendre soin. J'ai planté un pommier. J'ai ajouté aussi de l'humus pour que mon petit arbre soit plus fort.

Ce jour-là on a planté 100 arbres autour de notre école.

Quand je me trouve  à l'école, je vais toujours  voir mon arbre qui est devenu plus grand et plus fort.

C'était un jour exceptionnel de ma vie.

 

 


 

Ani Gazarian

L'antenne d'Idjevan de l'université d'État d'Érevan

Étudiante de troisième année

Village de Sevkar

 

 

Les cours de français sous les arbres 

 

            Tout le monde aime la nature, y compris les enfants.  La nature transforme le travail en plaisir et tout semble être un conte de fées.  Les enfants aiment prendre des cours à l'extérieur, sous les arbres, où l'air est pur. Souvent assis sur un tronc d'arbre, regardant de beaux arbres avec admiration, ils sont heureux.

            Les cours de français sont plus efficaces dans le jardin, sous les arbres.  Les enfants apprennent non seulement la grammaire française mais aussi les noms des arbres et des plantes qui les entourent.  Je m'amuse beaucoup à faire mes cours de français sous les arbres du jardin.  Je parle aux enfants de la nature, je les divertis avec les fruits de notre jardin.  Lorsque j'ai proposé aux enfants de prendre des cours de français sous les arbres, ils ont accepté avec une grande joie.La langue française est intéressante, belle, et dans la nature, sous les arbres, elle devient parfaite.

            Nous avons appris ensemble que l'arbre est un être vivant, l'arbre est planté, il grandit, , il produit, puis il meurt, l'arbre a besoin de se nourrir.  L'arbre peut mourir de vieillesse ou de maladie.  En français on distingue les arbres, on nomme leurs fruits.  Les oiseaux gazouillent sur les branches des arbres, ce qui semble être une mélodie. .  Le nid des arbres est haut, le feuillage est petit.Les enfants adorent assister à mes cours de français, ce qui me fait grand plaisir.

 

            Dans les écoles, les enfants plantent des arbres.  Les garçons creusent la terre, les filles plantent les arbres, puis les garçons apportent de l'eau et l'arrosent. Quelle belle mission pour que les enfants s'attachent à la nature et la protège ! 

Ani 

 

La guerre


 

 

GAZARIAN Ani    Les sentiments de guerre _octobre 2020

 

Mon pays, mon peuple est dans une situation difficile. Je souffre beaucoup.L'ennemi détruit ma patrie.

 

 

 Étant une représentante de la génération du 21 ème siècle, je pensais, que tout était fini, resté dans le passé. Je pensais, que je ne verrai jamais la guerre, mais maintenant je vois la guerre et l'épidémie. Des difficultés que je voyais dans ma vie ne me semblent pas difficulté, parce que ces évenements sont les plus horribles. Mes camarades de classe avec qui je combattais pendant  les  cours, aujourd'hui me protègent à la frontière. Mon coeur brise. Nos soldats sont forts. C'est, il me semble le pire rêve. Mon coeur se brise avec chaque soldat qui meurt. Je crois en Dieu et nos garçons forts. Je sais une chose«Nous gagnerons». Nous sommes des Arméniens fiers et courageux. Je suis fiere que je suis Arménienne. Les Arméniens sont courageux, intelligents, forts. J'ai peur, mais pas pour moi, pour  ceux qui se tiennent à la frontière et ils se battent pour la vie et la mort. Ils sont notre fierté, nos frères et nos parents. Ils sont les héros de notre rêve. Ils se battent avec le désir de vivre dans leur coeur. Nos soldats sacrifient leur vie  pour nous, pour notre patrie. Ces jours sont malheureux pour nous, mais « Nous Gagnerons» et ce jour viendra bientôt   nous célébrons notre victoireavec une grande joie.

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OHANIAN Alla         Mon oncle a sacrifié sa vie pour notre patrie

14 décembre 2020 __________________________________________________________________________         

          Dans cette guerre malheureuse qui a duré 44 jours , mon oncle qui était lieutenant - colonel de l'unité militaire d'Idjevan, a été tué. Le 19 novembre, alors qu'il combattait contre l'ennemi, mon oncle a été blessé dans cette zone reprise par les Azéris. Le 19 novembre , nous avons appris que mon oncle avait été blessé, mais comme cette région était déjà entre les mains de l'ennemi, nous ne pouvions pas le faire sortir, ni lui, ni ses camarades d'armes. Et donc du 19 novembre au 8 décembre nous n'avons eu aucune information. Le 8 décembre, mon oncle a pu sortir de cette zone, malheureusement il était mort. Le 10 décembre mon oncle a été enterré. Notre famille souffre beaucoup, mais en même temps nous sommes fiers de lui. Oui, je suis fière d'avoir un oncle héroïque qui a sacrifié sa vie pour notre patrie, sauvé la vie de nombreux soldats.

 

 

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