Juin 2019 - Syuzanna Petrosyan en France
Juin 2019 - Syuzanna Petrosyan en France


 

Une culture franco-arménienne dès l'enfance

Syuzanna, invitée en France notre association, raconte à l'issue de son séjour, en introduction de  son compte-rendu,  les raisons de son amour pour la France, sa culture, sa langue.  

         Quand je suis née, ma grand-mère qui a beaucoup aimé dans sa jeunesse les chansons françaises, a décidé non pas de me donner son prénom arménien Armavir selon la coutume arménienne, mais un prénom français, Suzanne.  Elle y a ajouté  le nom de ma soeur Anna d'où mon prénom Syuzanna.

        Je remercie de tout mon cœur ma grand-mère qui a choisi pour moi le français, car cette langue est devenue ma seconde langue maternelle. Quand j'étais petite, ma grand-mère me racontait des histoires d'auteurs français en  arménien et je me souviens de sa description des "Misérables" de Victor Hugo. Elle a eu la chance de suivre les cours de français dispensé par le père d'Aïda Mardanian et cette dernière fut mon professeur à l'Université.

          A l'école primaire et secondaire de Gandzakar, il manquait un professeur de français et c'est le professeur de russe qui, après un stage de deux mois de français, a été obligée d'enseigner cette langue. Vous imaginez le niveau ! A la fin de mes études secondaires, n'ayant pas progressé en français, j'ai eu la chance de suivre des cours  particuliers  avec Mme Mardanian pendant un an. En effet, pour entrer à l'université, nous avions l'obligation de passer un examen en langue étrangère

       Grâce à Mme Mardanian, j'ai aimé la langue de Molière et j'ai décidé de faire mes études à l'université dans la section de français. C'était très agréable de suivre un enseignement avec les professeurs locaux mais c'était toujours une fête quand des Français venaient assister à nos cours. Le premier fut Guillaume/ Garbis, jeune franco-arménien de 21 ans, qui est venu donner des cours de conversation à l'université. Garbis était employé par "Le Fonds arménien de France" pour s'occuper de fermes expérimentales dont celle de  Lousadzor. Je n'ai manqué aucune occasion de parler en français avec lui et cela m'a permis de progresser rapidement à l'oral.

       En général, dès que je rencontrai une personne venue de l'Hexagone et qui visitait un lieu particulier comme par exemple le monastère de Gochavank, j'engageai la conversation. J'étais débutante, mon vocabulaire était réduit et pourtant je me lançai. Á la  question "que voulez-vous faire", je répondais immanquablement, je veux devenir interprète aux affaires étrangères parce que j'avais repéré cette profession dans un magazine.

    Mme Mardanian avait évoqué lorsque j'étais en deuxième année la possibilité d'obtenir une bourse d'études de l'Association "Amitié et Echanges Franco-Arméniens" (AEFA). Pour être choisi, tout étudiant francophone devait rédiger une lettre de motivation,  s'engager à intervenir au Centre francophone Angela Vanessian, faire des stages pédagogiques dans des écoles. J'étais déjà présente au Centre lors de son inauguration en 2014. Je n'ai pas hésité à concourir pour obtenir cette bourse, ce qui m'a permis d'alléger les frais de scolarité très élevés pour mes parents.

            Julien Lecouturier, membre d'AEFA, avait choisi  d'effectuer son service civique européen, en  Arménie, de juillet 2015 à juillet 2016. Chaque semaine, le lundi, il se rendait à Idjevan et travaillait avec les écoliers de l'école n°1 et les étudiants de l'université, donnant des cours de conversation, répondant à leurs questions. Grâce à lui, j'ai pu davantage améliorer  l'oral.

         Pendant l'été, grâce à Irène, mon amie, j'ai rencontré David Margaryan, ancien boursier d'AEFA, qui était le responsable d'une association franco-arménienne "Ayo". Celle-ci cherchait des personnes qui parlaient français pour servir d'interprètes à Sevan pour les jeunes Français qui venaient faire de la rénovation et de l'animation dans les écoles pendant l'été. Spontanément, j'ai dit que j'étais prête à participer, sans consulter mes parents. C'était une chance pour moi, car je n'avais pas cette possibilité à l'université.

        Aussi, après toutes ces rencontres, quand l'Association AEFA a décidé de m'inviter à venir en France pour son vingtième anniversaire, je ne peux exprimer ma joie, mon bonheur. Travaillant au Centre de Recherche et de Développement touristique du Tavoush, j'avais été l'année dernière, la médiatrice entre AEFA et les étudiantes boursières réalisant une brochure touristique sur le Tavoush. Je suis  réellement heureuse en ce mois de juin ensoleillé de pouvoir visiter la France et surtout Paris, faire des stages à la médiathèque de Gif, guidée par Florence et à l'Office du tourisme d' Orsay,  accueillie par Anne-Sophie et ainsi progresser en français.

            Sa conclusion traduit la réussite de ce séjour.

       Je reviens en Arménie avec une valise remplie de cadeaux pour ma famille et une tête remplie des souvenirs inoubliables et de nouvelles idées pour moi. En particulier, l'excellent accueil dans les familles françaises,  chez Anne-Marie, Danielle, Jos, a été une découverte très agréable. Ce qui m'a surpris, c'est la générosité des gens. J'ai trouvé partout des personnes très agréables et prêtes à m'aider, à me conseiller en cas de besoin. Aussi, chaque jour était une formidable opportunité d’apprendre, de découvrir et de créer.

  Quand je suis allée au travail pour la première fois à mon retour, mon directeur m'a demandé si j'aimais voyager ou non. Il m'a dit que pour travailler avec les touristes et dans le tourisme, je devais d'abord être moi-même  touriste . Maintenant je comprends ce qu'il a  voulu dire. L'expérience que j'ai vécue en France est aujourd'hui suffisante pour travailler avec les touristes.

 

            Le rêve de ma grand-mère qui est aussi l'un de mes rêves est réalisé. J'ai découvert la France.

 

            Aussi, la dernière nuit, j'étais devenue réellement française et oh miracle, j'ai découvert que je rêvais en français!!!

 

 

 

 

 

 

 

8 au 20/10 2018 - Gif/Yvette : Exposition
 8 au 20/10 2018 - Gif/Yvette  : Exposition


 

Exposition : L'Arménie, un acteur fidèle et méconnu de la francophonie

En octobre 2018, à Érevan, sa capitale, l'Arménie a accueilli  l'instance suprême de l'Organisation Internationale de la Francophonie (0IF),  son Sommet, en tant que membre à part entière de celle-ci.  

            Comment expliquer le paradoxe d'un pays qui ne fait pas partie de la sphère française comme les anciennes colonies d'Afrique et d'Asie ou les Etats mandatés comme le Liban et la Syrie et qui pourtant s'honore d'une forte francophilie et francophonie?

            L'exposition a permis de mieux comprendre les liens  culturels tissés depuis des siècles  entre la France et  l'Arménie et plus précisément depuis l'indépendance de cette petite république du Caucase, en 1991. Elle a mis  en lumière l'action de l'Association "Amitié et Echanges Franco-Arméniens" qui oeuvre depuis une vingtaine d'années auprès des étudiants francophones pour leur permettre la réussite dans leurs études. Se déroulant en même temps que le Sommet de l'OIF, cette présentation a fait vivre en direct, la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage, où le Président français, Emmanuel Macron s'est montré un acteur majeur.

 Nikol Pachinian, premier ministre d'Arménie, natif d'Idjevan, a lu son discours en français, lors de la session d'ouverture du Sommet, témoignant de la maîtrise de notre langue. Son  professeur fut Mme Aïda Mardanian, toujours responable du département  de  français à l'université d'Idjevan et avec laquelle notre association travaille en bonne harmonie.

 

 

 

12 et 13 novembre 2016, exposition sur le Tavoush
12 et 13 novembre 2016, exposition sur le  Tavoush


A l'orée des épaisses et des collines arborées du Tavoush en Arménie, proches d'Idjevan, Guetahovit, Sarigyur, Sevkaar, Azatamut, ces villages et ces écoles demeurent dans nos têtes, ces classes dont les noms résonnent en nous, là où de si tendres visages attentifs et enthousiastes parlent et chantent le français des années durant!

            Gageons que l'Association, les professeurs des écoles comme Hayarpi et de l'Université d'Idjevan comme Aïda et Sveta, des étudiantes comme Irène, Jeanna   sauront persévérer pour que l'enseignement du français redouble de vitalité et de dynamisme!

 

                                                                                   Anne-Marie TOLY

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